Le 14 septembre, la police de la ville de Hanoï a annoncé avoir sanctionné un créateur de chaîne YouTube né en 1996 pour avoir publié de nombreux contenus liés à l’appel lancé par Grab invitant à désactiver l’application, à « révéler la vérité » sur les courses à bas prix et à la distribution de tracts par les chauffeurs. Le montant de l’amende mentionné dans le communiqué est compris entre 10 et 20 millions de dongs. Quelques lignes publiées sur Internet, que l’on pourrait croire anodines, peuvent s’avérer très coûteuses lorsqu’elles contiennent des informations erronées.

Il convient de noter que les autorités ont indiqué avoir également découvert de nombreux comptes Facebook, TikTok et YouTube partageant des informations selon lesquelles les chauffeurs Grab auraient collectivement désactivé l’application les 12 et 13 septembre. Des expressions telles que « grève », « paralysie de Grab » ou « tous les chauffeurs ont cessé leur activité » ont rapidement fait leur apparition. Les réseaux sociaux fonctionnent certes à la vitesse de l’éclair, mais la rapidité de diffusion n’est pas synonyme d’exactitude. Une information non vérifiée peut, après quelques partages, devenir une « vérité » sur le fil d’actualité.
Le problème est le suivant : les chauffeurs ont le droit de dénoncer les dysfonctionnements liés à leur travail, tout comme les internautes ont le droit de commenter, mais les informations diffusées doivent également être responsables. Si les faits sont exacts, ils doivent être pris en compte ; s’ils sont exagérés ou faux, leurs auteurs doivent en assumer la responsabilité. L’affaire Grab ne se résume donc pas à savoir si une application est « paralysée » ou non, mais constitue également un rappel de grande importance : sur les réseaux sociaux, cliquer sur le bouton « publier » peut sembler aussi simple que d’appuyer du bout du doigt, mais ses conséquences sont loin d’être anodines.










